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Harcèlement sexuel : sous le poids des témoignages, Ubisoft suspend plusieurs cadres le temps d'une enquête interne


Comme annoncé dans un communiqué publié jeudi, Ubisoft a ouvert une enquête en réponse aux témoignages accablants qui ont été relayés sur les réseaux sociaux au sujet du comportement de certains de ses employés, dont certains cadres du groupe assez haut placés. Jason Schreier de Bloomberg a confirmé que la plupart de ceux qui sont visés par ces accusations ont été suspendus le temps de l'enquête que l'entreprise conduit avec l'aide de consultants externes.

Parmi les noms qui sont ressortis dans de nombreux témoignages, anonymes ou non (qui ont notamment été réceptionnés, organisés et relayés par @DennyVonDoom sur Twitter), on retrouve ceux de Maxime Béland et Tommy François, qui ont donc été placés en "congé administratif".

Le premier, arrivé chez Ubisoft en 1998, a d'abord occupé le poste de directeur créatif sur Rainbow Six Vegas, Splinter Cell Conviction et Splinter Cell Blacklist, avant un passage de quelques mois chez Epic Games entre mars et octobre 2019, et un retour au sein de l'éditeur français au poste de vice-président de l'éditorial en janvier 2020. Dépeint par les différents témoignages le concernant comme le symbole d'un environnement de travail sexiste et toxique, il est notamment accusé d'avoir étranglé une employée pendant la fête de lancement de Far Cry Primal, mais aussi de plusieurs autres accès de violences, verbale ou physique.

Journaliste dans les années 90, Tommy François a rejoint Ubisoft en 2006 et occupe depuis janvier 2015 le poste de vice-président de l'éditorial et du service créatif au sein du quartier général de Paris. Il est décrit par plusieurs témoins comme un prédateur sexuel notoire, et serait connu au sein de la société pour ses agressions physiques et ses comportements déplacés. Certains l'accusent d'être, par sa position au sein d'Ubisoft, un des rouages de la culture toxique au sein de l'entreprise et de sa perpétuation.

Car, tout aussi grave que ces nombreuses accusations, ce qui ressort de ces témoignages est un climat d'omerta généralisé au sein d'Ubisoft, qui aurait permis à ces comportements d'être couverts et pérennisés pour devenir systémiques. Nombre d'entre eux mentionnent ainsi la collusion des services de ressources humaines, qui préfèreraient passer les plaintes et autre signalements sous l'éteignoir, sans qu'aucun n'aboutisse à sanction. Maxime Béland aurait par exemple été protégé des conséquences de l'incident violent mentionné plus haut par le directeur du studio de Toronto, Alexandre Parizeau, et par sa propre femme, alors à la tête des ressources humaines de la même antenne.

Dans le cas de Tommy François, c'est le patronage de Serge Hascoët, grand manitou de la ligne éditoriale d'Ubi, qui lui aurait notamment permis de ne jamais être inquiété. Précisons d'ailleurs que d'autres noms ont été mentionnés de manière récurrente - tels ceux de Mickael Godard (Ubisoft Berlin), Stone Chin (Ubisoft San Francisco), Alexandre Amancio (Ubisoft Montréal), Andrien Gbingnie (Ubisoft Toronto), Poonam Tewari (Ubisoft Toronto) - et que davantage de témoignages soulignent l'existence d'un véritable écosystème favorable au développement du harcèlement et de la mysoginie au sein de l'entreprise.

Pour le moment, celle-ci se refuse à faire un quelconque commentaire, le temps que l'enquête diligentée auprès de "cabinets juridiques" aboutisse. En fin de semaine dernière, Ubisoft précisait aussi avoir mis sur pied une cellule dont le but serait de trouver de "meilleures solutions et outils pour détecter, signaler et résoudre sans délai tout incident ou problème grave", selon Bloomberg. Dans les rangs, le niveau de scepticisme et de perte de confiance serait toutefois important quant aux mesures annoncées par Ubisoft, de nombreux employés estimant que la direction du groupe n'a jamais fait le nécessaire lorsque les faits lui ont été rapportés par le passé, se contentant au mieux de déplacer les personnalités à problèmes dans d'autres départements. Une pratique qui, là encore, se retrouve dans nombre de témoignages publiés ces derniers jours.

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