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Avec ses héros microscopiques, Grounded peine à se hisser au-dessus de la concurrence

Le peuple de l'herbe


Si l'on connaît le studio Obsidian Entertainment, c'est généralement pour ses grandes épopées rôlistiques, qu'elles aient lieu dans les terres désolées de Fallout : New Vegas ou le cosmos de The Outer Worlds. De grandes aventures où nos héros traversent des pays entiers, voire des planètes pour arriver à leurs fins. Pour Grounded, tout est réduit : la taille de l'équipe (le reste est au boulot sur Avowed, annoncé il y a peu), le budget de développement et, surtout, l'échelle de ce nouveau projet.

Pensez-vous : au lieu de traverser l'espace en hypervitesse ou de dévorer du kilomètre sur les routes délabrées de Nouvelle Californie, Grounded ne vous donne comme terrain de jeu qu'un jardin et son étang, où les distances ne se comptent plus en années-lumière ou en kilomètres irradiés mais bien en centimètres que l'on arpente péniblement pour attraper petits cailloux et jeunes pousses, que l'on pourra utiliser pour confectionner plein de choses surpenant- ah ben non, juste des lances, des haches et des marteaux, comme dans tous les titres du genre.

Craftons & Junk

Vous l'aurez compris, Grounded est un jeu de survival-craft on ne peut plus classique. Malgré une idée de départ plutôt originale et rigolote (quatre gamins se font miniaturiser et doivent survivre dans le jardin en essayant de trouver un moyen de retrouver une taille normale), le titre n'attend même pas cinq minutes avant de se mettre à ressembler à tous ses petits camarades. On démarre les mains vides et on comprend très vite qu'il faut ramasser feuilles, brindilles et gravillons ici ou là pour ensuite entrer dans le sacro-saint menu de crafting et se faire sa première hache.

On pourra ensuite utiliser cette dernière pour découper des brins d'herbe et dégoter de quoi se faire une base. Vous l'aurez deviné avec l'esprit vif et la sagacité qui caractérisent nos brillants lecteurs, le marteau servira à taper dans des cailloux pour avoir de plus petits cailloux, et la lance vous permettra de vous défendre face à tout un écosystème jardinier que vous venez perturber avec votre langage et vos vêtements de sales humains, là.

Travail de fourmi

Pour se démarquer de la concurrence, Obsidian a tout misé sur son pitch à la Chérie, j'ai rétréci les gosses - ou, plus proche de nous, Micro Machines. Les bases se construisent avec des brins d'herbe, la soif s'étanche en sirotant des gouttes de rosée et le monde est peuplé d'insectes divers et variés. En parlant de ces derniers, la plupart seront dociles et vaqueront à leurs occupations mais d'autres, comme la punaise ou l'araignée, n'hésiteront pas à attaquer à vue - et n'ont besoin que d'un ou deux coups pour vous envoyer ad patres. On avance donc précautionneusement dans ces forêts de gazon, en observant si au loin la végétation ne se fait pas malmener par le passage d'une grosse araignée ou d'une colonie de fourmis (qui ne feront rien tant que vous n'essayez pas de leur piquer leur déjeuner).

Malheureusement, il ne s'agit là que d'un joli coup de peinture coloré sur une recette qui ne change pas vraiment. La structure de Grounded est identique à la plupart de ses congénères, et il suffit de remplacer les brins d'herbe par des arbres et les insectes par des monstres, des cannibales ou des zombies pour retrouver un jeu déjà vu et joué des dizaines et des dizaines de fois. Il serait toutefois injuste de ne pas saluer le travail des artistes et des level designers qui ont accouché d'une carte de taille modeste (bien qu'elle ne soit pas encore complète) mais particulièrement bien pensée.

Canettes, boîtes de céréales et râteaux sont autant de points d'intérêt, il y a un petit étang dans lequel plonger (mais encore vide de faune pour le moment), une zone empoisonnée à l'herbe séchée... on sent les efforts déployés pour créer un univers cohérent avec son idée de départ mais, comme dit au-dessus, ça reste finalement juste un setting et le titre pourrait tout aussi bien se passer dans l'espace, la taïga ou le far-west que ça ne changerait rien à son gameplay.

Au ras des pâquerettes

Cette version Game Preview de Grounded propose un embryon de scénario, à la progression aussi chaotique qu'inintéressante. Il faudra régulièrement retourner voir un petit robot donneur de quêtes, mais ces dernières peinent à se révéler fascinantes pour le moment : visiter un endroit précis pour y coller un marqueur, tuer cinq types de bestioles, analyser un objet précis... difficile d'y trouver un enjeu fascinant. Espérons toutefois qu'Obsidian puise dans son vivier de bons auteurs et arrive à nous pondre une vraie intrigue qui pourra nous tenir en haleine et nous donner envie de progresser dans son sympathique univers.

D'autant plus que le titre est mignon comme tout avec des couleurs soigneusement sélectionnées, des éclairages aussi élégants qu'efficaces et des insectes à cheval (c'est pas tous les jours) entre le mignon et le dégueu. Sans être un foudre de guerre technique, le dernier-né d'Obsidian assure sur le plan artistique, jusqu'à son sound design capable de filer des frissons de dégoût quand des cliquetis de papattes chitiniennes résonnent en pleine nuit alors qu'on cherche sa base la peur au ventre.

C'est juste triste de voir qu'avec un univers aussi original (pour le genre, s'entend), Grounded ne transcende pas sa condition et reste - pour le moment - classique à en crever. Comme lors de notre première prise en main, on continue d'espérer y trouver, à terme, l'implémentation de mécaniques de gameplay qui tireraient parti de la miniaturisation. De la pluie qui viendrait transformer les nombreuses rigoles du jardin en torrents, par exemple, ou bien des interventions extérieures comme un chien qui s'ébrouerait dans l'herbe ou l'arrivée terrifiante et démoniaque d'une tondeuse à gazon. Et même si le titre semble vouloir se cantonner à son lopin de terre, difficile de ne pas se sentir nargué par la jolie maison qui surplombe la zone et donne clairement envie de la visiter. En espérant que ce genre d'idées soient à l'étude chez Obsidian, afin de donner un peu plus de caractère au gameplay de ce Grounded, pour le moment encore un peu fade.

En résumé

Que vous dire ? Si vous aimez les jeux de survie et de crafting, Grounded n'aura d'original à vous offrir qu'un univers chatoyant, coquille finalement bien moins ambitieuse que prévue. Si vous avez le genre en horreur, ça n'est clairement pas ici que vous viendrez changer d'avis, même si l'on garde le fol espoir qu'arrivent à un moment des mécaniques tirant parti de cet univers si particulier. En attendant, comme beaucoup avant lui, Grounded risque de n'être qu'une sympathique chatroom où retrouver ses copains pour construire une grande base et visiter un joli jardin.

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